Un besoin biologique complètement dénigré.

As-tu parfois le sentiment que quelque chose manque à ta vie ? Que tu as égaré quelque part en route cette sensation de joie, d’énergie, de plénitude que tu avais « avant » ?

J’ai d’excellents souvenirs de fous rires, de jeux débiles, de blagues à deux balles, de folles parties de cartes, de délicieux moments partagés avec des potes à se bidonner.

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Avant, j’adorais jouer.

Avant d’avoir des enfants. Il faut dire que ça a été un peu violent dans mon cas : j’ai eu 4 enfants en 3 ans. La 3e grossesse n’était pas voulue et j’ai eu des jumeaux. Autant te dire qu’après avoir essuyé une espèce de tsunami psychique et émotionnel, j’ai fonctionné en mode survie pendant quelques années.
Et puis, mes enfants, je les ai eu entre 24 et 27 ans. Donc on peut dire qu’en entrant dans la maternité, je suis aussi entrée pleinement dans mon rôle d’adulte.

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Être adulte, c’est sérieux.

Et s’amuser, hein, entre nous, c’est pas très responsable. Voir même franchement futile. Une perte de temps, une distraction de notre vraie vie d’adultes sérieux : travail et responsabilités.

Voilà le message que nous recevons, comme illustré de manière brillante par Marion Montaigne dans sa BD « Dans la combi de Thomas Pesquet » (p150-151) : résultats de tests à l’appui, des savants lourdement diplômés en psychologie autorisent les astronautes à … se faire des blagues. On voit ensuite Thomas Pesquet mort de rire qui raconte une blague débile faite par un collègue. Mais il reprend son masque d’adulte sérieux pour passer à la télé : il ne faudrait pas qu’on le voit rire, ça saboterait son image.

Faudrait pas qu’on sache que des astronautes sur-entraînés, QI de 150, « perdent leur temps » à se faire des blagues, hein, quand même.

Jouer, ce n’est pas responsable, ça ne fait pas crédible, c’est même carrément indigne d’un adulte. Voilà à mon avis une croyance profondément ancrée en nous, pour notre plus grand malheur.

Parce que si les astronautes sont encouragés par leurs psys à se faire des blagues, c’est tout simplement parce que c’est indispensable à leur santé !

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« Le contraire du jeu, ce n’est pas le travail, c’est la dépression. »
Brian Sutton-Smith

Dans son livre Jouer : comment cela structure le cerveau, ouvre l’imagination et vivifie l’âme [Play: How it Shapes the Brain, Opens the Imagination, and Invigorates the Soul], le Dr Stuart Brown, psychiatre, chercheur et fondateur du « National Institute for Play », démontre l’importance du jeu dans notre vie.

Il s’appuie sur les neurosciences, la biologie, la psychologie, les sciences sociales pour démontrer que jouer est un besoin biologique, aussi indispensable à la survie que la nutrition ou le sommeil !

Jouer, ça veut dire quoi exactement ? Ce n’est pas l’activité qui définit le jeu, mais l’état d’esprit.

Jouer, c’est s’engager volontairement et pleinement dans une activité uniquement pour la joie qu’elle procure, sans autre objectif.

Et travailler dans cet état d’esprit est extrêmement productif ! Toute expression artistique, toute innovation naît de cet élan interne primitif. Avant d’inventer le Boieng 747, il en a fallu des heures de jeu avec des avions en papier !!!

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Le jeu est une source de vitalité essentielle et une attitude que l’on peut adopter dans beaucoup d’activités quotidiennes. Le jeu nous permet de faire face et de trouver de nouvelles réponses aux multiples challenges de nos vies.

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Jouer nous rend plus créatif, plus productif et plus heureux dans tout ce que nous faisons.

 

TED Talk du Dr Stuart Brown – 26 minutes, en anglais.
https://www.ted.com/talks/stuart_brown_says_play_is_more_than_fun_it_s_vital

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Un rêve, un projet, pour s’amuser

Ça a pris du temps, mais j’ai fini par m’en remettre un peu de cette maternité massive et fulgurante. Même si je ne joue toujours pas aussi facilement qu’avant. Et je me suis mise à rêver…

Panach’âges, c’est mon rêve un peu fou d’un vrai lieu pas virtuel de récréation pour tous. On pourrait s’y retrouver, avec ou sans nos enfants, avec des voisins de tous âges pour s’amuser, jouer, rire, folâtrer, s’éclater, se poiler, se bidonner, …

Faire une pause salvatrice. Se régénérer, se re-créer.

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Mais comment ré-apprendre à jouer ?

Je te propose ce petit exercice tiré du livre « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », de Raphaëlle Giordano.

Autorise-toi à laisser tomber ton masque d’adulte sérieux et « teste une séance de grimaces devant le miroir : c’est bon pour le moral et contre les rides. Tire la langue dans tous les sens, crie Wazaaaa, mime une grande tristesse et une grande joie comme le mime Marceau, récite les voyelles en forçant le trait, amuse-toi ! »

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